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LA VIE NE DURE QUE 7 VILLES: L'Orangerie

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Titre original:LA VIE NE DURE QUE 7 VILLES: L'Orangerie
Taille:9624KB
Évaluation:
Type:PDF, ePub, Kindle
Catégorie:Livre
Téléchargé:2020 Nov 9

A la hauteur de l'actuel Night Club de La Rocca, l'autoroute se transforme en nationale. Il y a des feux et un carrefour dangereux. Je suis à fond dans ma bédé. L'oncle Picsou a planqué son magot. Et il ne filera pas une tune à Donald et Mickey. Maman aussi est à fond. Elle n'a pas levé le pied quand nous avons quitté l'autoroute. Il est vrai que si l'on veut arriver à temps pour faire la surprise à papa...Tout à coup, c'est l'embardée, comme dirait notre copain Manu Thoreau. C'était son expression favorite depuis qu’au Collège Saint-Hubert, Napo et moi lui avions raconté notre histoire...L'oncle Picsou s'est mis en poirier. Donald lui est passé dessous. Mickey l'a heurté comme une boule percute une quille au bowling. Maman et les pneus ont crié. Ensuite, la carrosserie et le pare-brise volent en éclats, pendant que Napoléon prend un red bull à travers le toit ouvrant de notre « Toyota is fantastic ».Assez difficile, dans ces conditions, de savoir si l'oncle Picsou a changé d'avis et va enfin ouvrir son coffre pour offrir à Donald et Mickey de quoi payer une glace à Minnie.J'ai donc décidé de m'évanouir de cette bédé stupide. Quand j'ai ouvert les yeux, on m'avait changé de chaîne. On était en plein Thriller d'horreur, bien avant l'incroyable clip de Michael Jackson : ma Grâce avait la moitié gauche du visage qui pendait, en espérant rejoindre, du bout de l'oreille, l'œil qui dansait sur son épaule. Le tout dans un bain de sang digne des abattoirs d'Anderlecht en pleine heure de pointe. Elle défonçait à coups de poings la vitre arrière de la « Toyota is fantastic », qui dans quelques secondes ne me séparerait plus d'elle.Elle m'a ensuite tiré hors des débris fumant de la voiture. Sur la glace arrière, je ne pouvais plus lire que : fanta. J'avais mal au dos et j'avais soif.Maman s'est écroulée. Un camion s'est rapproché de nous dans un bruit assourdissant. J'ai fermé les yeux et les ai rouverts sur une autre chaîne. J'étais en plein Docteur House. Sirènes à fond. Ligoté sur le dos. Nu et allongé contre un brancard en inox glacial. Aujourd'hui, Dieu s'ennuyait, alors il zappait vite. Tout comme mon super-héros tirait des coups à gauche à droite : plus vite que son ombre, les soirs de pluie...